NEMAUSUS ULM

École de pilotage à Nîmes

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Lettre de la Sécurité Juin 2017

(Par Eric GALVAGNO, Président de la Commission Sécurité des Vols de la FFPLUM)

Le vent, notre meilleur ennemi

Nous l’avons déjà souligné, le dénominateur commun de la majorité des incidents ou accidents qui se sont déroulés depuis le début de l’année, est la perte de contrôle en vol ou au sol.
Si une analyse simpliste associerait ces pertes de contrôle à des fautes de pilotage, nous savons tous qu’un accident n’est jamais le fait d’une seule cause, mais d’un enchaînement d’évènements défavorables.
Ainsi, si l’on pousse les investigations un peu plus loin, on se rend compte que pour beaucoup des accidents mortels, l’influence du vent a été un facteur prépondérant et déterminant dans la chaîne des causes.
Les classes d’ULM les plus exposées aux caprices du vent sont les multiaxes, pendulaires et paramoteurs. Les voilures tournantes, que l’on dit moins sujettes à ce phénomène, n’en restent pas moins sensibles et là aussi, le vent, sa direction, sa force, ses rafales et ses turbulences possibles, doivent amener les pilotes à prendre le temps de la réflexion sur les dangers potentiels de ce phénomène sur le vol, de la sortie du hangar de son ULM jusqu’à son retour.

Influence de la force du vent :

Qu’est-ce que le gradient de vent ?

La couche terrestre étant rugueuse, l’intensité du vent va décroître rapidement à l’approche du sol, ce phénomène est appelé gradient de vent. Donc pour un appareil établi en finale, même en cas de vent faible, à l’approche du sol, la vitesse indiquée va diminuer. Si la vitesse d’approche choisie était trop faible, l’appareil va se retrouver proche du décrochage. Au mieux, le pilote verra s’enfoncer son appareil, qui aura une capacité de ré-accélération faible, et s’ensuivra un atterrissage dur. Au pire, l’appareil décrochera avec des conséquences graves.
Une seule parade : en cas de vent, même faible, il faut majorer sa vitesse indiquée en finale pour contrer l’effet de gradient du vent. Si le vent est plus fort, évitez d’arriver « tout réduit » en finale pour garder la possibilité de réaccélérer rapidement si vous ressentez que votre appareil s’enfonce.
Dans tous les cas, gardez toujours à l’esprit, en courte finale, qu’un gradient de vent est possible, et ne vous autorisez aucun écart de vitesse indiquée, ni de changement de votre point d’aboutissement sur la piste.

Et lorsqu’il y a des rafales ?

De même, un vent en rafales va engendrer des conséquences sur l’aérodynamique de votre ULM. L’écoulement de l’air sera perturbé et les variations de vitesse indiquée fortes. Dans ce cas, la majoration de vitesse en finale est impérative pour absorber ces « à-coups », et communément il faudra rajouter à votre vitesse d’approche sans vent la moitié de la vitesse estimée de la rafale.
Sur nos ULM pendulaires, multiaxes, et autogire, 110 km/h est une vitesse minimum en courte finale lors d’un atterrissage avec des rafales de vent.

Influence de la direction du vent :

Nous savons tous qu’il est préférable de décoller et atterrir vent de face, essentiellement pour des raisons de performances en distance de décollage ou d’atterrissage, mais ce n’est pas tout !!

En effet, lors d’un décollage vent arrière, non seulement, la distance de décollage sera augmentée fortement, mais les performances de montée de votre ULM seront affectées à la baisse.
En cas d’atterrissage vent arrière, le défilement rapide du sol peut amener le pilote à minorer, inconsciemment, sa vitesse, entraînant une déstabilisation de la trajectoire en finale et une éventualité d’un atterrissage dur plus marquée.
De plus, la distance d’atterrissage sera plus grande et le risque de sortie de piste réel.

Dans tous les cas, en cas de doute, il ne faudra pas hésiter à remettre les gaz !!!

Lors de cisaillements de vent ou de turbulences, l’ensemble de ces phénomènes vont s’additionner. Évoluer face au vent et avec une bonne réserve de vitesse, sont les deux prérequis indispensables qui vont nous prémunir d’une perte de contrôle ou d’un décrochage, que ce soient en évolutions à faible ou haute altitude, ou en phase de décollage ou d’atterrissage.

Voici un tableau qui résume les effets du vent sur l’aérodynamique de votre ULM et qui montre, par exemple, qu’une rafale de vent arrière peut amener rapidement au décrochage (augmentation incidence de l’aile et vitesse-air en baisse !!) :

Incidence Vitesse-Air Aile
Rafale de vent de face Décroît Croît Monte
Rafale de vent arrière Croît Décroît Descend
Rafale ascendante Croît Croît Monte
Rafale descendante Décroît Décroît Descend

Le roulage, le décollage, le vol, ou l’atterrissage dans du vent, même faible, avec nos ULM, sont toujours des phases difficiles dont les dangers latents sont nombreux, et qui méritent de bien appréhender l’ensemble des vulnérabilités qui y est associé.
N’oubliez jamais aux commandes de votre ULM, qu’en évolutions ou en finale, la vitesse c’est la vie !!!

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